A la "Bili bili"
Le printemps s'étire sans trop offrir la douceur fleurie d'un soleil tempèré. Les nuits sont fraîches, les journées pluvieuses, poudrées d'un gris d'ombrage qui ravirait le boîtier d'ombres à paupières automnales d'un regard bleu profond.
J'ai repensé à l'an dernier, à ce mois de mai de déménagement, un de plus. Mon ventre était déjà bien rond, mes nausées envahissantes, mais j'ai fait preuve d'une énergie sur laquelle je ne comptais même plus. Des mêtres cubes emballés puis déballés. Des dizaines et des dizaines d'habits donnés... pour s'alléger un peu... faire peau neuve, à peine.
Là-bas grondait l'océan, le parfum salé des embruns qui parcouraient le jardin, le rythme des marées, le chant de la renverse, le soir... lorsque la journée trop chaude rappelle le choc des températures entre la terre et l'eau, créant un souffle d'air marin qui balaie la côte.
C'était il y un an, c'était une autre vie, un autre chez nous, celui que nous laissions pour investir une nouvelle vie un peu différente.
Depuis notre cinquième enfant est né, une petite fille dont les senteurs de lait continuent de me ravir. Sa peau fine, ses yeux gris bleus, ceux de son père, de Lui... sa bouche rieuse qui laisse juste poindre le bout rose de sa langue fine.
Je suis encore ronde de cette maternité surprise. Les kilos griment encore bien ce corps que je ne reconnais guère sinon comme celui toujours un peu difforme des lendemains de naissance. Un corps dont les contours un peu trop lourds rappellent les lois certaines de l'apesanteur...celles que je ne ressens pas en ces heures de rondeurs XVIII éme...
S'aimer même si l'on ne rentre dans rien. Voir en soi autre chose qu'un reflet distendu, qu'une image erronée, loin de la légèreté qui sied bien.
Porter fièrement dans le secret les marques unes à unes inscrites dans la chaire du passage vivant d'eux en moi.
Ne pas vouloir être la même, puisqu'on ne l'est point.
Juste laisser enfin venir le printemps, son soleil, le parfum des rosiers mousses, les embruns de l'océan, nos pas dans l'herbe mouillée de rosée...
S'aimer comme on est... s'aimer un peu, beaucoup, à la "bili bili"!
London dream













Nous avons parlé de nos folies et nous nous sommes accordées sur notre goût pour l'Angleterre.
Un peu de thé, un peu de marmelade, une nappe tendue...
Une maison de briques rouges ou des murs couleur dragée?
Un pot de fruits mêlé de feuilles d'or! Une tasse fine peinte de violettes odorantes...
Voilà ce dont on causait au numéro 8 Allée des cerisiers!
Entre jupons et vieilles dentelles... à l'heure du thé assurément, comme un air d'Agatha Christie certainement!
En Mini Cooper probablement...
Little John
Mon petit frère a trente ans aujourd'hui. En fait depuis trente ans, je suis la soeur de quelqu'un, et ce quelqu'un c'est lui. "Joyeux anniversaire" lui ai-je soufflé par téléphone juste trois petites minutes après l'heure vraie de sa naissance. Il était au travail, en plein "état des lieux" m'a-t-il précisé. Point trop le temps de s'attarder, point trop le temps de discuter...
Mon petit frère a trente ans aujourd'hui, et si cela me paraît une grande histoire, je sais aussi qu'elle ne fût pas toujours facile, empreinte de moments cassants, où ceratins auraient bien aimé que nous soyons éloignés. De nos couches usées ensemble, forts de nos dix-sept mois précis d'écart, à son tempérament joueur et espiègle qui a parfois malmené ma rigueur trop sérieuse. Lui et moi avons su faire cohabiter Barbies et voitures de courses, prises de karaté et jambes de danseuse, quête fraternelle d'impressioner son double, sur fond délicieux de rires amis, senteur d'enfance, comme des égratinures rendues plus belles d'un beau mercurochrome!
Mon petit frère a trente ans aujourd'hui et il ne lit jamais ce que j'écris, mais je ne lui en veux pas, non... car je le connais. Il n'a pas lu mon livre, non pas car il est mon livre, mais parce qu'il n'aime pas trop les livres, les pages, les mots, les intentions cachées, ou les tirades trop sensibles. Il aime les rigolades, les blagues, un bon gratin de pommes fondantes, un beau morceau d'Aznavour... le bruit du pain chaud qui sort du four... Il aime danser, il aime rire, une vie gaie, une vie légère où il fait bon se sentir être là...
Mon petit frère a trente ans aujourd'hui. Comme il a grandit, c'est fou, je le vois encore tout petit, si petit!
Mais ne lui dites pas. Ne lui dites pas combien ce petit frère là compte pour moi. Ne lui dites pas non plus combien ma porte est toujours ouverte pour lui, combien il m'est cher et précieux. Ne lui dites pas que ce soir je trinque à ses trente bougies, d'un bol de chocolat brûlant, de scones moelleux nappés de beurre frais et de confiture rouge de cerises. Car il n'aime pas ces sensibleries là, il n'aime pas ces mots entre lui et moi. Je suis la sérieuse, la grande, le modéle... celle que l'on taquine...
Mon petit frère a trente ans aujourd'hui...Et Oui! Il est bien grand aujourd'hui...
La Terre est ronde
J'avais envie, j'avais envie, de vous conter, de vous chanter,
La mélodie, le délicat, petite phrase et petits pas...
Un peu de miel, juste pour dire, un peu de ciel, juste sourire,
Un doux baiser contre ma joue, un brin de sel dans mon cou!
Ma chère, ma tendre, ma délicieuse, ma belle, mon ange, ma rêveuse...
L'eau de la pluie, l'eau de la terre, l'eau de la vie, l'eau de la mère,
Toute petite délicate, jolie, fragile, jamais plate?
La Terre tourne, mon vertige... je vous assure, je voltige!
J'avais envie, j'avais envie, de vous porter, de vous chanter,
Un air si doux parmi les branches, cet air qui souffle dans mes manches,
Le tissu flou d'un vieil hier, teinté gris doux comme la pierre,
Ma blouse ancienne sur la peau, jeune verveine ou coquelicots,
J'avais envie, j'avais envie, d'un bout de jour, d'un bout de nuit...
La valse du vent doux









Il faisait chaud. Le vide grenier de ce village nous avait conduit au pays de la truffe noire, dans une campagne verdoyante où les champsde blé dansaient la valse du vent doux. Il régnait une chaude ambiance calme et tranquille, un peu semblable aux ruelles de provence qui abritèrent longtemps ma vie d'enfant et d'adolescente. Des stands mi pros ou amateurs. Du linge ancien, et de très beaux verres faits main... nos bras se chauffaient et l'on pouvait voir des mollets rosis qui nous précédaient dans notre itinéraire de chine.
Les enfants couraient, le plus petit des garçons cassait sa pièce pour un sachet de jouets, fier. Les fillettes tombaient sous le charme des robes de fêtes... et je regrettais un peu mes chaussures noires vernies, mes chaussettes. Le bébé n'était pas contre moi pour la première fois, et j'observais ce papa heureux de caliner sans cesse ce petit corps doux et tendre.
Nous avons déjeuné sur la place du village, face à la mairie. Ventrèche grillée, frites brillantes et croustillantes... il faisait chaud et il nous fallait plus d'eau encore.
Il y avait le marchand d'outils et sa belle cireuse anglaise en alu brossé des années 50. La marchande de linge blanc, faisant voler au vent ses délicats draps de fils monogrammés.
Nous avons repris la route vers d'autres contrées, traversant dans le vent chaud qui fouette ou caresse des vallons verts ou rouges, des collines jaunes et blanches... Coquelicots fleuris, marguerites... mauves...
Un champs de fleurs, un champ incroyable... une parenthèse enchantée...
Paillettes, bougies et chantilly!
Journal de printemps


C'est une erreur, ils n'auraient pas du couper la ligne, mais ce n'est pas leur service... alors "compter entre quatre et quarante-huit heures".
Ce sera finalement cinq jours, et voilà comment on vous coupe la ligne sans probléme, sans gêne et sans souci...
La semaine était chargée, toute remplie de balades, de fleurs, de belles pierres et de haies de buis tendre, juste rallongé de ses feuilles nouvelles du printemps tout frais. Il y avait eu Hautefort et ses belles Ford Cobra, sa vue imprenable et sa charpente magnifique. Nos histoires de dragons et un tour dans le grand parc, comme dans le sous-terrain. Il y a eu la maison en dessous, une belle maison qui m'a plu en un éclair, charmée, apprivoisée, et en plus "elle" est à adopter... Mais ce n'est pas au programme, ce n'est pas possible, mais cela m'a permis de m'apercevoir qu'il y encore des maisons qui me font de l'oeil, moi qui me croyais vaccinée pour un temps de mes rêves de pierres.
Il y eu un autre château, Renaissance... Romantique, plein de ces buis encore éclatants, plein de cette mousse belle comme des flocons de neige vert d'eau. Un autre château et une autre balade.
C'était une jolie semaine, parfois un peu stressante, chargée, occupée... Des travaux à superviser, des enfants à réveiller pour l'école... et puis s'engouffrer entiers dans un programme débordant pour parents passionnés.
Un dîner, deux barbecues, une chaleur écrasante et l'été qui nous fait croire qu'il est de droit. Les premiers poivrons et aubergines rôtis, le parfum du bois qui s'échappe du haut d'un grand immeuble du centre de la cité. Ici on vit à la campagne citadine. Ici on a besoin de vert, de fleurs, d'aromates, de clématites entortillées, de chévrefeuilles... Ici on installe une table sur le balcon, des pots partout et même un barbecue, des transats...
Il y a eu un peu de folie, celle qui nous habite, celle qui nous définit...
Faire rentrer l'impossible, le fugace, le naturel, le vert et la verdure... Faire griller l'agneau et voir la fumée partir vers les coupoles de pierre d'une cathédrale si semblable au Montmartre d'un Paris qui lia en son temps le village à la ville.
Je veux marier la ville au village, la campagne à la vie d'appartement...
Voir loin, voir haut, et rapporter d'un bout de balade les remparts contre l'ennui, la grisaille, la monotonie...
C'était un samedi de floralies. Plus beau village de France qui accueille l'espace d'une fin de semaine des milliers d'essences, de fleurs, d'histoires botaniques qui plantent pour de vrai les jardins d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Et puis...
Et puis il y eu ce petit chat. Un tout petit chat bleu, couvert de poils immenses, longs et doux. Un chat attendu longtemps, arrivé par un e belle soirée d'un dimanche chaud et doux. Notre premier chat. Leur premier chat, celui que nous nous offrons comme compagnon, pour récompenser des enfants sages, gentils, qui travaillent follement bien. Il y a besoin de récompenser le mérite des travailleurs. Petits bambins mignons qui se donnent du mal et du plaisir à être si bons en classe et ailleurs.
Il y a notre premier chat. Un chat qui se prénomme comme un compositeur délicieux... Point de H, nous n'avions pas envie. Un B, un joli B, bien rond et bien dodu. Un chat bleu, couvert de poils doux et immenses. Comme si j'avais cinq ans... Oh oui qu'il est mignon!
Chattriplés
Parmi les fleurs
Profond
Minuscules...si minuscules... J'admire...


























